Permis de conduire : attention aux faux moniteurs !

On entend souvent parler du coût du permis de conduire. En région parisienne, passer le permis peut atteindre les 2 140€. Certains candidats au permis peuvent ainsi être tentés de faire appel à des « faux moniteurs » pour avoir des cours de conduite moins chers. Ces « faux moniteurs » sont souvent des particuliers qui proposent leurs services sur certains sites sans pour autant disposer ni de la formation, ni de l’agrément nécessaires. Ces personnes exercent donc cette activité de façon illégale, en espérant éviter un éventuel contrôle par les forces de l’ordre…

Alarmés par cette pratique grandissante mais impactant la sécurité routière, une centaine de gérants d’auto-école ont créé le collectif EECR en rappelant la notion fondamentale de « qualité de l’enseignement ».

Heures de conduite avec un « faux moniteur » : ce que vous risquez

Les candidats au permis de conduire peuvent échouer à l’examen pratique. En attendant de le repasser, ils sont amenés à prendre des cours de conduite supplémentaires. Sur internet, il est possible de trouver des cours avec un particulier pour un prix entre 20€ et 30€. En auto-école, le cours de conduite est facturé un peu plus cher, environ 43€. La tentation peut donc être forte de passer par ces « faux moniteurs » pour améliorer sa conduite…Pourtant, est-ce vraiment une bonne idée ?

Premièrement, les particuliers qui dispensent des cours au noir, n’ont pas la formation nécessaire. Vous n’aurez donc pas la même qualité de cours que celle en passant par une auto-école. Vous avez donc de grandes chances d’échouer à nouveau à l’examen pratique…

Deuxièmement, en cas de contrôle ou d’accident les conséquences pour l’apprenti conducteur sont très lourdes. En cas de contrôle par les forces de l’ordre, le candidat au permis sera considéré comme un conducteur sans permis. La loi prévoit une peine d’un an d’emprisonnement et 15 000€ pour cette infraction. Une peine complémentaire d’interdiction de conduire pendant 5 ans peut également être prononcée à son encontre.

Et en cas d’accident ? En plus des sanctions légales précitées, sachez qu’il ne sera pas possible d’actionner une quelconque assurance. Par conséquent, le candidat au permis devra assumer financièrement les différents préjudices.

A noter que, si l’apprenti conducteur fait appel à un moniteur diplômé qui ne passe pas par une auto-école, les conséquences pour le premier seront exactement les mêmes en cas de contrôle ou d’accident.

Le « faux moniteur » et le moniteur diplômé payé au noir risquent, quant à eux, jusqu’à 15 000€ d’amende en cas de contrôle. Le second peut aussi se voir interdire la possibilité d’exercer pendant 3 ans.

Comment les pouvoirs publics et les auto-écoles luttent contre ce phénomène ?

Les pouvoirs publics se sont saisis de la question des « faux moniteurs ». Même si la lutte contre cette pratique fleurissante dans les grandes villes ne semble pas évidente, M. Emmanuel Barbe, Délégué interministériel à la sécurité routière, affirme que des contrôles sont effectués par la Direction générale de la répression des fraudes sur les sites proposant des services entre particuliers et notamment dans ce secteur.

Quant aux auto-écoles, le collectif des établissements d’enseignement de conduite responsable (EECR) a préconisé qu’on développe davantage les comités opérationnels départementaux antifraude (CODAF). Pour le collectif, la seule mesure pour lutter efficacement contre ce fléau serait un renforcement des contrôles.

 

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